Ah Matrix, le film de science-fiction de la fin des années 90 qui a donné suite à deux épisodes certainement incompris par leur imperfection tant le scénario qui n'arrête pas de nous servir de la philosophie pompeuse pour des choses simples. Après tout pourquoi faire simple quand on peut faire compliquer? Grande question, hein? Complètement conne oui!
A la base de Matrix, on a les Wachowski Brothers, deux mecs sortis un peu de nul part, leur premier est très peu connu, moi même je ne l'ai pas vu (pas envie). Bref, ils arrivent comme ça et nous sortent un putain de film de malade mental que beaucoup ont considéré (à tort selon moi) comme révolutionnaire. En effet, le film est un melting-pot de la culture geek et punk brassé à un peu de religion (oh pas du catéchisme non plus sinon j'aurai déjà abandonné). Seulement et il faut le savoir à la base du film, il y a un livre de malade mental, de schizophrène, du genre qu'il faut relire trente fois pour le comprendre pleinement. Moi je l'ai lu deux fois et je capte toujours rien à la fin. Bon bien sûr, le livre n'a été qu'une source d'inspiration, beaucoup d'éléments ont été supprimés (la critique du capitalisme) qui sont pourtant essentiel au genre du cyber-punk. Car avant de parler de SF, faudrait peut-être réussir à classer Matrix, incontestablement il fait parti de la mouvance cyber-punk dont K.Dick est le fer de lance avec William Gibson (l'auteur du livre cité plus haut), il en fait parti de par l'utilisation de tous les codes inhérents, le monde dominé par la machine, l'omniprésence de l'informatique (utilisé aussi bien en bien qu'en mal), le pessimisme avec pourtant l'espoir au bout mais pas toujours (cf Blade Runner, LE film de Ridley Scott, chef d'oeuvre cyber-punk plus complexe qu'il n'y parait à la première vision). Ce qui est fort avec Matrix c'est qu'il y a une volonté de ré-inventé le genre, il est redéfini par l'utilisation de la religion (bouddhiste surtout) qui se voit au niveau de la prédestination de Neo, la mythologie de l'Elu (le Messie),... Ainsi si le film n'est pas une révolution car il ne fait que ré-utiliser des codes déjà vu tel que le bullet-time (inventé par notre Michel Gondry national), les ralentis à la John Woo (cf la scène du hall), la récupération de certains codes geeks (Neo qui vole tel Superman, qui arrête les balles), le voyage initiatique calqué sur celui de Alice (cf le lapin blanc), l'utilisation de la Bible (le messie), le film est quand même un sacré tour de force car il réussi à combiner tous ces éléments dans un ensemble cohérent et crédible.
Je pourrais écrire des tonnes de choses mais je ne veux pas me la péter ce n'est pas le but, le but est de faire une analyse. Tout d'abord les noms, ils ne sont pas dus au hasard, Neo, beaucoup le savent est l'anagramme de One, Neo habite dans l'appartement 101, de même que le Mérovingien sauf que lui c'est un palace! Morpheus, le seigneur des songes inspiré de Morphée qui tente de réveiller les âmes humaines pour leur montrer leur soumission. Trinity signifie ni plus ni moins la Trinité. D'ailleurs, j'ai lu que certains y voyaient une apologie de l'idéologie marxiste, mouais, ceux qui me connaisent savent tout le respect que j'ai pour Karl Marx mais là c'est trop tordu. Moi, j'y verrais plutôt une vision de la société actuelle, dominée par les images, soumise à un état de pensée définie par la télé qui nous ôte notre liberté (après ça je me demande comment je peux avoir que 9 ou 11 en philosophie), seuls certains sembleraient conscients de cela et voudraient libérer leur semblables même si ils ne sont pas prêt.
Mais il faut bien avouer qu'avant tout Matrix, c'est du gros film populaire (dans le bon sens du terme), certes intellectualisé mais le film propose des scènes d'action monstrueuses, toutes inspirées des modèles hong-kongais tel John Woo mais il faut avouer qu'elles sont jouissives. La baston entre Neo et les cetaines de Smith dans le deuxième épisode est énorme et est un pur sommet de bataille homérique. Ma préférée reste la baston de fin du trois qui me fait penser à Dragon Ball et aux combats où tout le décor vole en miettes.
Matrix c'est donc avant tout une pure opération de recyclage comme seul Hollywood sait les faire, je ne saurais trop vous conseiller pour bien apprécier l'oeuvre de consulter tout ce qui en est à la base. En vrac je citerais ce que moi j'ai lu et vu : Neuromancien de William Gibson, les films de John Woo (Volte-Face, A toute épreuve,...), Alice aux pays des merveilles (ben oui j'ai vu le dessin animé de Disney et oui je me suis fait chier mais ça a fait plaisir à ma petite nièce) et enfin un super site qui décortique tout mais alors tout de chez tout www.matrix-happening.net . Voilà ce sera tout pour aujourd'hui.
A plus et Banzaî !
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En fait on apprend aux ¾ de l'histoire que Jack et Tyler ne sont qu'une seule et même personne : le narrateur. A ce moment-là, un nouveau thème apparaît, la folie.
Il faut tout d'abord expliquer comment Tyler a pu apparaître dans la vie de Jack (merci à Thotho qui m'a permis de clarifier la situation dans ma tête lors d'une discussion aussi brève qu'instructive).
En fait on apprend au début que Jack a des crises d'insomnies (sans doute dû au stress de son travail) et ça l'énerve au plus haut point, il va alors se rendre dans des comités de souffrance (alcooliques anonymes, malades des testicules,...) il va au milieu de ces personnes mourantes mais en vie trouver la force de dormir à nouveau, lui qui se sent mort et vivant.
« Chaque soir je mourais et je revivais ».
Le malheur des autres lui permet de se calmer, d'être relax, alors qu'il méprise quasiment toutes les personnes qui l'entourent (sauf le gros Bob).
Seulement va arriver l'élément-clé du récit, celui (ou plutôt celle) sans qui rien n'arriverait Marla Singer, l'alter-ego de Jack, et à cause d'elle il ne va plus pouvoir dormir. Elle, au contraire de lui, voudrait mourir mais pas totalement. C'est le personnage clé du récit, elle est de ce fait très dur à analyser. En tout cas ce qui est sûr c'est que c'est elle qui est la cause de la création de Tyler mais en fait pas seulement. Jack voulait de toute manière couper les ponts d'avec sa vie, il en a marre de vivre comme il faut, pour cela il va s'inventer le personnage de Tyler Durden, prophète anarchiste survolté et déluré, obsédé par une chose : le sexe. Tout le contraire de Jack en somme. Il a besoin de ce personnage pour prendre confiance en lui et pour pouvoir créer le Fight Club puis le Projet KO.
Ce dédoublement de personnalité nous fait réaliser que l'homme est prêt à tout pour briser quelque chose, pour bousculer les habitudes, Jack/Tyler va jusqu'à faire exploser son appartement pour toucher le fond et à se brûler la main à l'acide sulfurique (en clair se faire mal) pour se sentir vivant, il va se mettre des coups tout seul... Il a une haine tellement farouche de Marla Singer qu'il va jusqu'à s'imaginer que c'est Tyler qui couche avec elle. En fait un espèce de faux triangle se forme durant le film/livre, parce que comme le dit Jack :
« J'ai besoin de Tyler qui a besoin de Marla qui a besoin de moi ».
Au final le film bascule dans une espèce de combat de Marla pour ne pas perdre la boule lorsqu'elle se fait virée de la maison par Jack alors qu'il vient de se la faire.